L'implantation du catholicisme à Tadoussac (Québec)





Tadoussac est un joli village québécois situé à l'embouchure de la rivière Saguenay, un fjord majestueux qui se déverse dans le très imposant fleuve Saint-Laurent. Très célèbre pour donner le gite et le couvert aux baleines en raison d'une structure particulière des bas-fonds, Tadoussac fut très tôt, pour les Européens, un poste important de la traite des fourrures et de la chasse aux cétacés. Inévitablement, des prêtres ont accompagné les commerçants pour contaminer le Québec de leur doctrine autoritaire, doloriste et culpabilisatrice.

Les voyages de Jacques Cartier (1535) puis Samuel de Champlain (1603) donnent la véritable impulsion à la colonisation européenne de la région, alors que les pêcheurs basques y pratiquent des incursions dès les années 1540. Les Recollets commencent leur tâche en 1615 et la première messe y est célébrée en 1617 par Paul Huet. Une croix est élevée cinq ans plus tard par Irénée Piat, un autre Recollet.

Les Jésuites prennent le relais en 1641 et assurent l'activité propagandiste auprès des Innus jusqu'en 1782. Un seconde croix aurait alors été plantée à Tadoussac en 1642, signe de la volonté d'emprise sur le territoire par le christianisme. La chapelle de bois visible actuellement a été construite en 1747 et constitue un petit musée fort instructif sur la colonisation catholique de la région. Évidemment, on y chercherait en vain une critique de l'activité missionnaire et on ne peut que reconnaître l'habileté de la manipulation quand on lit ceci, à propos des Innus, dans les panneaux qui y sont présentés : " Affaiblis par les épidémies et les guerres, ils s'ouvrent peu à peu aux prêches des Jésuites. Progressivement, les Innus abandonnent leurs anciennes pratiques pour adopter, avec ferveur, l'enseignement catholique dispensé par les « les robes noires ». " On l'a compris, les curés sont venus sauver les indigènes.

Plus concrètement, afin d'impressionner la population, les Jésuites ne manquent pas de recourir aux superstitions habituelles qui ont toujours fait la fortune de l'Église. Ainsi, il est prétendu que le prêtre de La Brosse (1724 - 1782) a arrêté d'un simple trait sur le sol un incendie qui menaçait le village. A la même époque, les curés diffusent des ouvrages en langue innue destinés à expliquer le christianisme, une langue dont la transcription sur un support est une invention de leur part. Les Jésuites tentent aussi de sédentariser les Innus afin de disposer d'un troupeau plus docile et de l'abreuver plus aisément de leur idéologie. Mais cette stratégie est un échec et les prêtres s'engagent alors dans des missions volantes, mieux adaptées au nomadisme des populations locales. Il s'agit de profiter des rassemblements commerciaux de la traite des fourrures pour convaincre de la supériorité du christianisme. Une collusion d'intérêt apparait donc entre les religieux et les commerçants français.

Engraving | Jesuits in Canada | M930.50.7.541
Une gravure de John Walker (1831-1899) sur le prosélytisme des Jésuites au Canada



2 juin 2014


La petite chapelle de Tadoussac




Les missionnaires Jésuites à Tadoussac




Un ouvrage chrétien en langue innue par le Jésuite de La Brosse (1767)





    Contact