Qui sont les racistes ?





A chaque affaire de foulard c'est la même rengaine : les partisans du laisser faire s'abandonnent aux excommunications les plus ignobles par l'accusation de racisme, voire de fascisme, envers les défenseurs de la laïcité. Bigre, fascisme ce n'est pas rien ! Racistes les laïques ? Ce serait bien mal les connaître, eux qui ont été les premiers à combattre le Front National et qui ne se sont jamais tus devant une Eglise catholique toujours fière de son passé. Les insultes abjectes dans lesquelles se vautrent les pro-foulard, et la cohorte d'associations qui les accompagnent et les amplifient, assurent une continuité dans le rejet de la laïcité comme garante de la paix sociale. D'abord "laïcards", les héritiers de la loi de 1905 sont ensuite devenus des "intégristes" de la laïcité, récupération d'un terme plus usité pour décrire les emportements des croyants, puis, comme on a pu le lire récemment dans Le Monde, ils ont été qualifiés d'"ayatollahs" de la laïcité, ce qui rappelle ici encore des contrées exotiques où le port du foulard est inscrit dans la loi (en clair : la mort pour celles qui le refusent).

Qui sont réellement les racistes ? Ceux qui, soucieux d'apporter un enseignement de qualité, encouragent l'élève, et pas le disciple, à l'accès à la pensée libre, à l'usage de sa raison qui permet la mesure de la thèse et de l'antithèse ; qui refusent que l'expression de la croyance vienne troubler le devoir de neutralité de l'école publique, ce qui n'est pas l'interdiction de la croyance contrairement aux affabulations des prosélytes ? Ou ne sont-ils pas ceux qui, se réfugiant derrière des notions de liberté, de tolérance et de respect dont les promoteurs sont précisément les précédents, énoncent fatwas et excommunications pour museler ceux-là même qui leur ouvrent les portes de l'instruction publique ; ceux qui, au nom d'une conception de la société issue de dictatures méridionales, souhaitent formater la République à l'image de son homonyme islamique ?

Que des mouvements fanatiques et obscurantistes comme l'UOIF ou la FNMF attisent les revendications communautaristes ne saurait surprendre, il en va de leur existence qui n'a jamais été le fruit du débat démocratique mais l'obéissance à une loi divine dont on chercherait en vain les bienfaits. Par contre, les valeurs universelles qui ont présidé à la naissance d'associations aux nobles desseins telles que la LDH et le MRAP ne sont plus que poudre aux yeux : les anathèmes abondent dans leurs déclarations où est rangé dans un même cloaque de "fascistes" et d'"islamophobes" quiconque s'oppose au communautarisme musulman. Plus grave, derrière l'étiquette d'islamophobie se cache la tentative d'interdire la critique de l'islam et pas seulement de l'islamisme, un terme adroitement inventé pour occulter les fondements racistes et guerriers de l'islam communs aussi aux autres monothéismes. Les croyants peinent à concevoir que la critique de leur religion puisse obéir uniquement à des considérations matérialistes et humanistes sans lui préférer ses concurrentes.


Septembre 2003

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