L'acteur Samy Naceri agresse Salman Rushdie




Samy Naceri est devenu, avec un seul film de Luc Besson, une vedette du cinéma. Ses prestations dans Taxi 1, 2 et 3, en ont fait un héros moderne à l'heure où on cherche des modèles de réussite pour les jeunes issus de l'immigration africaine. Le personnage interprété par Naceri, et qui est cause de son succès, est l'exact portrait du machiste : sa voiture est plus belle et plus rapide que les autres, il est grand et costaud, il sort avec une jolie pétasse dont le seul atout est son corps, etc.

Pourtant, ce modèle souriant et sympathique est un masque sur le visage hideux de l'intolérance religieuse. Lors d'un enregistrement début octobre 2005 de l'émission de Thierry Ardisson "Tout le monde en parle" (France 2), Naceri s'est révélé être un fidèle soutien du fanatisme islamique. L'émission d'Ardisson est à l'information et à la littérature ce que le Coran est à la liberté individuelle mais tout le monde, avant d'en parler, s'y presse. Et ce jour-là c'est Salman Rushdie qui était invité pour parler de son dernier livre. Rushdie ne sait probablement rien d'Ardisson et ne peut être accusé de légèreté pour avoir accepté l'invitation.

L'affaire, très grave, a été relatée brièvement dans Marianne le 22 octobre (La télé contre la démocratie), plus longuement dans Charlie Hebdo le 2 novembre par Philippe Val et, de façon indécise, dans Libération le 10 novembre. Placer sur un même plateau Rushdie, esprit brillant à la plume somptueuse, et Samy Naceri, à la médiocrité populaire, était évidemment pour Ardisson l'annonce d'un scandale, seul socle de sa célébrité. Et l'ignoble fut au rendez-vous : selon Philippe Val, Naceri affirma que, si un imam le payait, il n'hésiterait pas à tuer l'auteur des Versets Sataniques, en mimant le geste de tirer un coup d'arme à feu. Rushdie aurait alors quitté immédiatement le plateau. Naturellement, la scène a été coupée au montage et n'est pas parue le 15 octobre lors de la diffusion. Selon Libération, Ardisson a assuré que des menaces de mort n'auraient pas été proférées mais a reconnu que Naceri a montré une très grande agressivité. Il lui aurait, en outre, envoyé une lettre d'excuse pour son comportement.

Quoiqu'il en soit, menaces de mort ou pas, le comportement de Naceri n'a suscité aucun séisme médiatique ou politique. Seul un sursaut antireligieux vif permettra d'éliminer le cancer du fanatisme musulman.


19 novembre 2005


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