La situation au 4 septembre 2003 dans le lycée La Martinière à Lyon

communiqué des enseignants




Trois élèves voilées ont été accueillies durant ces jours de pré-rentrée : 2 en BTS , 1 en 1ère STT. Les professeurs chargés de l'accueil ont après lecture du règlement intérieur, demandé aux étudiantes de se rendre auprès du chef d'établissement. Il semble que l'une d'elle (en BTS) ait compris la nécessité de se soumettre à la règle commune.

Les professeurs de la classe de 1ère STT se sont réunis le 2 septembre, afin de préparer à l'accueil d'une classe comportant des éléments susceptibles de poser problème. Dans cette classe est affectée l'élève voilée dont le comportement, en seconde, n'a pu être évalué par le Conseil de Discipline. A l'issue de cette réunion, Présidée par le chef d'établissement, il a été convenu d'éviter d'interpeller la jeune fille devant l'ensemble des élèves, pour attendre la fin de l'heure et lui demander de se soumettre au Règlement. D'après le professeur principal, il s'agit d'essayer d'éviter de faire de l'élève « une starlette ».

On doit objecter, qu'il est illusoire de penser que l'ensemble des élèves ne comprendra pas les raisons pour lesquelles le professeur demandera à cette élève de rester en classe après que le règlement ait été lu ( l'ensemble des élèves de l'an dernier est informé de la situation conflictuelles générée par l'élève), De plus, n'est t-on pas en droit de penser, que le fait de transgresser une règle (sans risque de sanction) fait de cette jeune fille (comme de tout autre adolescent) une starlette défiant la communauté éducative, bafouant ainsi l'autorité des adultes.

Ne pas exiger le respect de la règle, s'abstenir de sanctionner un comportement qui y contrevient au su et vue de tous ne peut qu'inciter les autres élèves à des comportements déviants. Quelle image des adultes en charge de leur éducation voulons nous leur donner ? Dans quelle mesure, les sanctions à l'encontre des autres élèves seront-elles perçues comme justes et équitables ? Enfin, chacun doit avoir conscience que c'est l'ensemble de la communauté éducative qui est attachée à cet espace de neutralité consacré par la Laïcité. Le problème, s'il se manifeste dans une classe, ne concerne pas seulement l'équipe éducative de la classe mais l'ensemble de la communauté réunie dans cet établissement. Il nous faut tenir compte de tout ce que, l'an dernier nous avions entrepris pour avancer dans la résolution du problème (« médiation », grève de 83% des personnels, journée de la Laïcité, modification du règlement intérieur, vote du Conseil d'Administration demandant la tenue du Conseil de Discipline). Notre action a permis d'alerter les politiques, les pouvoirs publics ont décidé la création de 2 commissions d'enquêtes. Nous serons auditionnés le 12 septembre au Sénat par la Commission présidée par Bernard STASI (médiateur de la République). Ne rien faire, sous prétexte d'assurer une hypothétique année paisible aux collègues de la classe, c'est faire le jeu de ceux qui veulent occulter la réalité d'un problème Les élus au Conseil d'Administration se réuniront demain pour apprécier la situation et décider des actions à entreprendre.

Jeudi 4 septembre
Pour les Enseignants Elus au C.A : J-C SANTANA
Contact : jclaude.s@free.fr


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