Je vous salue Marie
Jean Luc Godard
1984, fiche technique
Godard a choqué. La sensibilité chrétienne est restée engoncée dans sa foi sclérosée devant un film aussi éloigné du brûlot que l'est le
pape de la séparation de l'Eglise et de l'état. Godard a pourtant ménagé son effort pour se contenter d'une transposition rapide à l'époque actuelle du mystère de la virginité de Marie. Celle-ci devient la fille d'un garagiste, l'infortuné Joseph est un chauffeur de taxi obtus, la
Palestine migre aux abords du lac Leman et deux anges rappellent épisodiquement la fable biblique. En s'abstenant de commenter le style
cinématographique de Godard, le film n'est qu'une fiction de plus accréditant une histoire vue et revue. Aucune originalité, aucune réflexion nouvelle, contrairement à La dernière tentation du christ de Scorsese, et des références bibliques peu nombreuses et assez convenues. Godard a peut-être lu le Nouveau Testament mais n'a pas montré une lecture démarquée des stéréotypes classiques. Pour comparaison, et dans un autre registre, Dogma propose une multitude de références qui jettent une lumière nouvelle, mais dégradante, sur cette mythologie. Mais là n'était pas le propos de Godard. Il est symptomatique de la faible activité spirituelle du peuple chrétien d'assister à des déclarations scandalisées récurrentes devant des films qui ne font que renouveler, pour mieux le perpétuer, un mythe banal et simpliste.
17 septembre 2000
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