Eglise, qu'as-tu fait de l'Evangile de la vie?
Bruno Alexandre, Société des écrivains associés, 2000
RESUME
L'unité de cet essai repose sur une critique de l'encyclique « l'Evangile de la vie » de J.P. II.
Dans une première partie (les 7 premiers chapitres en fait) l'auteur, se plaçant à l'intérieur du système catholique et acceptant par pure stratégie méthodologique ses fondements, met le catholicisme en contradiction avec lui-même, faisant ainsi éclater du dedans une doctrine qui se présente pour ce qu'elle n'est pas.
Il est montré que le pacifisme de l'Eglise primitive a cessé à partir du 4ème siècle (CONSTANTIN) ; le christianisme s'est alors militarisé (Concile d'Arles - 314), le premier théoricien de cette militarisation ayant été St AUGUSTIN, initiateur de la théorie non seulement de la guerre juste, mais aussi de la guerre sainte.
Jusqu'au 13 ème siècle l'Eglise catholique n'a cessé de vouloir dominer davantage le temporel (théorie des deux glaives) et cela lui a fait fréquenter des chefs d'Etats célèbres, mais criminels avérés (deux cas sont étudiés: CLOVIS et CHARLEMAGNE). Il est insisté sur le passage des mérovingiens aux carolingiens vu l'importance religieuse qu'il revêt dans la compréhension de la suite de l'histoire.
C'est pendant la période de grande puissance de l'Eglise que se sont déroulées les horreurs des croisades et de l'Inquisition qui sont rappelées. Qu'était donc devenu le principe du respect sacré de la vie du prochain?
Deux exemples tirés de l'histoire contemporaine (agression de la Pologne par Hitler et le génocide des orthodoxes, juifs et tsiganes dans la Croatie indépendante -1941/1945) montrent que la théorie de la guerre juste, (pourtant bien en deçà de l'Evangile), impliquant la dénonciation de l'agresseur, n'a pas été appliquée par ceux qui s'en réclament (le silence de Pie XII...) De plus, "les gardiens de la morale" se sont accommodés de l'inhumanité de la guerre et des pires atteintes au "caractère sacré " de la vie.
Par la voix même de l'Evangile l'auteur condamne férocement l'Eglise (fin du chap.7).
Le dernier chapitre est certainement le plus fondamental car il fait tomber le cœur du système, au nom de la morale humaine. L'auteur démolit en effet le concept chrétien de Dieu qui est intenable devant le mal absolu (souffrance des enfants) et il termine sur la conclusion suivante : « il est moralement nécessaire de nier l'existence de Dieu » (Athéisme pour des raisons morales).
Ce livre rédigé sans agressivité outrancière et avec le souci exacerbé des preuves (ce qui le rend parfois pénible à lire) ne laisse, de l'Eglise enseignante et de Dieu, que des cendres.
16 février 2001
|