Exaltation du colonialisme catholique à la cathédrale de Bariloche en Argentine





Porte d'entrée des Andes dans la Patagonie argentine, la ville de Bariloche possède une cathédrale dans laquelle la colonisation catholique est exaltée sans la moindre retenue ni pensée pour les peuples autochtones (Mapuches, Tehuelches) qui en furent victimes. L'édifice, inauguré en 1946, est un outil de propagande édifiant où s'accumulent les mensonges historiques et les manipulations de l'Histoire.

L'imposture d'un christianisme salvateur pour les populations locales est exprimée avec vantardise dans la cathédrale par plusieurs vitraux, peintures et textes :

Christophe Colomb, messager du christianisme "Première messe en terre argentine, San Julian 1520" : évocation du passage de Magellan sur la côte atlantique de la Patagonie Évangélisation des autochtones par la prosternation devant un crucifix

Évangélisation des autochtones par le curé Milanesio (1843-1922)

La version locale du sabre et du goupillon : "Rencontre à Bariloche entre le général Valegas et Monseigneur Fagnano". Le salésien Fagnano (1844-1916) a, comme tant d'autres, quitté l'Europe pour évangéliser l'Amérique du Sud.

Le prêtre Beauvoir et un autochtone représenté beaucoup plus petit que lui. Beauvoir est un salésien qui a parcouru la Patagonie de 1881 à 1924.

Évangélisation des autochtones par le jésuite Nicolás Mascardi au bord du lac Nahuel Huapi.

La croix pour le curé et les bagages à porter pour les autochtones

Évangélisation des autochtones : position dominante du curé et captation d'un enfant, cible plus maléable qu'un adulte.

Introduction des superstitions chrétiennes Ceferino Namuncura, un jeune mapuche mort en 1905, a été béatifié en 2007 afin que l'Église catholique dispose d'une gloire locale pour sa propagande. Un panneau à la mémoire de Ceferino Namuncura à l'occasion de sa béatification. Ceferino Namuncura était le fils d'un cacique qui a combattu le pouvoir de Buenos Aires dans les années 1870-1880 à l'occasion de la "Conquête du désert", qu'il vaudrait mieux présenter comme la "Tuerie du désert". Sa béatification est l'étape ultime de la défaite politique et culturelle des autochtones.
Le Général Roca a initié la dévastatrice "Conquête du désert" en 1879, c'est-à-dire le massacre, la déportation et la destruction culturelle de la population mapuche et tehuelche de Patagonie pour y imposer la domination de Buenos Aires. Rien de cela n'est exprimé ici où est plutôt évoqué le progrès technique : le militaire pose avec une locomotive.

Mais, comme souvent quand on tente d'imposer une nouvelle conception du monde et de l'organisation d'une société, des résistances à l'évangélisation sont apparues :

Assassinat du jésuite Mascardi en 1673 ou 1674 Assassinat du prêtre Poggio en 1810 "14 novembre , 1674 - 1717
Mémoire des martyrs de la mission Nahuel Huapi (1674 à 1717)"

Enfin, un texte de présentation sur la contamination de la région de Bariloche par les superstitions chrétiennes constitue un monument de manipulation de l'Histoire :

"La Vierge Marie fut reçue, acceptée et vénérée par les peuples aborigènes. En Elle, le noir africain en proie à la douleur de l'esclavage a trouvé une protection, et le colon gringo l'espérance pour son développement humain.
Mémoire et hommage aux missionnaires, ecclésiastiques et laics qui ont apporté l'Évangile en ces terres, ont sauvé des vies et respecté la culture de l'indigène, et ont aussi risqué leur vie, et avec courage ont affronté un milieu hostile et ont vaincu."


Qu'il s'agisse de l'esclave et de son patron, de l'autochtone et de son colonisateur, l'Église se satisfait du status quo : mieux valent les agenouillements devant les idoles chrétiennes que la rebellion contre des injustices qui sont le socle de la puissance multiséculaire de la secte romaine.



2 juin 2014

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