Les Verts, le MRAP, des féministes et des fanatiques musulmans échouent à rassembler contre la loi opposée aux signes religieux à l'école





À l'appel du collectif Une école pour tous-tes Contre les lois d'exclusion, environ cinq cent personnes se sont rassemblées devant l'Assemblée Nationale le 4 février 2004 pour s'opposer à l'interdiction des signes religieux à l'école. Une assistance bien maigre vu l'ambition de l'évènement qui confine au fiasco. Sur les pancartes et dans les haut-parleurs des pro-voiles, les mêmes déviances que lors des manifestations islamistes des 21 décembre 2003 et 17 janvier 2004 ont pu être observées : les défenseurs de la laïcité sont des racistes. C'est bref et suffisamment simple pour être colporté plus aisément par les fanatiques qui constituaient la grande majorité de l'assistance, les militants des associations signataires non musulmanes étant restés chez eux.

Parmi ces paisibles manifestants, une chose énigmatique a pu être remarquée, prostrée sur un banc, recouverte d'un drapeau bleu-blanc-rouge et cachant son sommet derrière une pancarte où était revendiqué le droit de porter la prison portative islamique. L'objet est mobile, légèrement mais mobile tout de même, sage et silencieux. On le regarde, on le photographie tel une sculpture curieuse ou une nature morte. Pendant les deux heures que durera le rassemblement, la chose demeurera sur le banc et l'imam déjanté (*) qui avait été remarqué dans la manifestation du 17 janvier posera à son côté, fier de cette plante tricolore disciplinée et soumise. À la fin de la manifestation, la chose se lève en veillant bien à ne pas montrer le moindre centimètre carré de peau. Une femme, paraît-il, se trouverait dessous.



Non loin de là, quelques brillants féministes paradent : Noël Mamère et Gilles Lemaire rappellent, par leur présence, que l'écologie et le fanatisme musulman partagent au moins une valeur essentielle, la couleur verte. Le hasard, sûrement le hasard, a fait que la rencontre avec la chose précédente n'a pas eu lieu. Halima Boumédienne, députée européenne des Verts, est aussi de la fête de même que Xavier Ternisien, journaliste au Monde, dont on ne sait si c'est le journaliste ou le sympathisant qui gratifie les barbus et les femmes voilées de sa présence souriante. La Jeunesse Communiste Révolutionnaire est très présente avec force drapeaux ainsi que quelques libertaires que la proximité avec les fanatiques religieux n'émeut pas outre mesure. En effet, tout et son contraire se croise sans se rencontrer : des barbus en djellabas écoutent des oratrices se proclamer féministes, des manifestantes réclament le droit de choisir comment disposer de leur vie (choisir le port du voile, pas l'avortement !) pendant qu'une porte-parole des Verts assure de son engagement au côté de ce fatras obscurantiste. Se succèdent à la tribune Monique Lellouche (MRAP), Halima Boumédienne, Les Sciences Potiches se Rebellent, le Collectif des musulmans de France, l'inévitable Pierre Tévanian (Les mots sont importants) très excité par le péril raciste et fasciste des laïcards, la Ligue française de la femme musulmane et Droit Au Logement.

La faible mobilisation du rassemblement en ce lieu symbolique est une indication décisive que le soutien aux islamistes passe mal chez les militants des organisations représentées. Le MRAP, par exemple, est sujet à des débats internes agités autour de la question du voile et des prises de position de son président Mouloud Aounit. Nul doute qu'en restant chez eux les militants antiracistes, écologistes et féministes ont envoyé un signal clair à leurs hiérarchies.


4 février 2004


* : cet individu s'appelle Farid Benyettou, âgé d'environ 24 ans il était le gourou d'un groupe de jeunes fanatiques du 19e arrondissement de Paris partis en Irak pour le djihad (émission Pièces à conviction, France 3, 26 septembre 2005). Il dispensait ses prêches dans la mosquée Addawa de la rue de Tanger, puis dans un foyer après avoir été viré de la mosquée. Il a arrêté par la police. La prière dirigée par Farid Benyettou le 17 janvier 2004, rue Jean-Pierre Timbaud :

   

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